Dans les rapides
Par Les administrateurs le mardi 14 avril 2009, 13:58 - Les élèves ont la parole - Lien permanent

La peur, oui, dans ma vie, je l’ai connue, une peur pas comme les autres. Cette peur, c’est cette sensation horrible, inquiétante et inconnue que vous éprouvez avant votre mort. L’année où cette peur m’a saisie, je n’avais pas plus de 12 ans, j’habitais dans un village tranquille nommé Marlenheim, dans ma famille il y avait mes deux sœurs, mon père, ma mère, mon chien et moi. Nous étions une petite famille tranquille et normale comme les autres.
C’était l’été, je partais avec ma famille pour deux semaines de vacances ensoleillées pour l’Ardèche, une région du sud de la France. Nous effectuâmes ce long voyage en voiture, avec mes deux sœurs, nous vaquions à diverses occupations et jeux pour nous occuper durant ce long périple automobile. Arrivé à destination, je m’installai rapidement pour découvrir notre village vacances dans lequel nous passerons, je l’espérais fort, deux superbes semaines. Dans ce village situé aux bords d’un canyon au fond duquel coulait paisiblement une rivière, étaient aménagés une piscine et un emplacement pour le tir à l’arc.
Le jour où la peur m’attrapa ce fut celui où j’entrepris avec ma famille de descendre la rivière que j’avais vue quelques jours auparavant, à mon arrivée. Nous avions trois canoës, deux biplaces et un monoplace. Après débat et discussion, mon père m’annonça que je naviguerais seul. Nous commençâmes donc notre traversée de la rivière, ce fut très amusant jusqu'à ce que nous arrivâmes dans les rapides.
« - Attention ! s’écria mon père, allez-y doucement !
- D’accord ! répondirent mes sœurs en chœur. »
Et nous entamâmes donc notre lente descente dans le courant tumultueux. Mon père passa en premier et ma mère suivit. Ils arrivèrent tous sans encombre en contrebas. Il ne restait plus que moi. Soudain, en pleine descente, mon canoë se retourna et j’y restai coincé. Voilà la peur, la vraie, cette sensation si écrasante, étouffante, qui vous empêche de réfléchir à ce qu’il faut faire, la peur de ne pas avoir fait tout ce que vous vouliez faire dans votre vie. Je voyais des bulles tournoyer autour de ma tête, pressées de rejoindre la surface. Mon corps, je ne le sentais plus, il était ballotté dans les rochers de droite à gauche, de haut en bas, bref, dans toutes les directions possibles et imaginables. Des cailloux revêches me regardèrent passer en se demandant s’ils assisteraient à mon enterrement. Mais ils n’y viendraient pas car une main salutaire plongea et me prit par le bras pour me retourner et me ramener à la surface.
Cette expérience me marqua et me marquera durant toute ma vie. Je m’en sortis avec quelques énormes bleus - dont je connais encore l’emplacement exact - et, le long de ma cuisse, une cicatrice longue comme ma main, large comme mon pouce qu’un caillou tranchant m’avait laissé en souvenir. En rentrant chez moi avec ma famille, je me promis solennellement que je n’aurais plus jamais peur comme j’ai eu peur lors de ces vacances.
Commentaires
Tu n'as même pas eu de bleu ni de cicatrice ... Tu me la montreras à la maison, OK ?