COULOIR.jpgElle dîna vite, puis elle essaya de lire, mais elle ne comprit pas les mots ; elle monta alors dans sa chambre. A peine entrée, elle donna deux tours de clef et poussa le verrou ; elle avait peur… de quoi ? Elle ne redoutait rien jusqu’ici… Elle ouvrit ses armoires, elle regarda sous son lit ; elle écouta… Elle pencha son oreille au sol pour mieux entendre. Mais rien…

Il était tard, elle décida d’aller se coucher. Tout était noir, elle avait peur. Quelques heures plus tard, le bruit réapparut. Elle se leva, terrifiée, scruta la fenêtre, elle s’était ouverte. Elle regarda dehors… rien. Elle alla se recoucher après l’avoir fermée. Le bruit recommença. Elle croyait que quelqu’un lançait des cailloux contre sa fenêtre. Elle paniqua, la peur la submergea, de grandes larmes coulaient sur ses joues creuses. Avec ses mains, elle décoiffait ses longs cheveux ; elle tremblait. Ne sachant quoi faire, elle essaya de s’occuper en relisant les mots qu’elle n’était pas parvenue à comprendre. Elle ne voyait rien à cause des larmes qui remplissaient ses yeux. Elle abandonna à nouveau son livre. Le bruit disparut. Elle était épouvantée à l’idée de ne pas savoir ce qui la menaçait. Elle cria de terreur, en espérant que quelqu’un vienne à son secours.

Plus tard, dans la nuit, une femme vêtue de blanc entra dans sa chambre et lui injecta une aiguille glacée dans le bras, elle s’assoupit. La femme la remit dans son lit et la laissa dormir.

Le lendemain matin, elle se réveilla. Elle se regarda dans le miroir de la salle de bain et poussa un cri d’horreur : ses cheveux noirs étaient emmêlés, ses petits yeux rouges étaient cernés de bleu, sa peau était blanche et son visage creusé. Elle était si maigre qu’on pouvait la considérer comme malade. Une femme alla la chercher dans sa chambre. Elle sortit. Tout était blanc : le sol, les murs et les gens étaient habillés de blanc. Soudain elle se trouva face à une jeune fille qui hurlait à ceux qui l’entouraient de la laisser tranquille car elle n’était pas folle. Elle fut maîtrisée et sanglée dans un brancard. Au moment où les infirmiers la soulevèrent pour la transporter, elle la désigna du doigt et lança : « je ne suis pas comme cette fille ! »